Accueil Éditoriaux La brume de sable, un phénomène subversif

La brume de sable, un phénomène subversif

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Après quelques semaines de trêve, la brume de sable fait de nouveau son apparition. Mardi 8 octobre, le niveau d’alerte est déclenché, passé au rouge. L’indice de l’air est très mauvais, il est de 10 sur l’indice ATMO. Ces poussières, composées de particules fines, autrefois étaient périodiques (Avril à Septembre). L’année 2019 n’aura jamais autant connu d’épisodes de brume sable que les années précédentes. Elles toucheraient également une partie de l’Europe et bien plus de régions qu’on y croit. Ces brumes à répétition posent la question de l’impact sur l’environnement et les effets sur le long terme.

La Brume de sable ne connait plus de saison

La Martinique est régulièrement touchée par le phénomène naturel de « brume de sable ». Ce sable provient essentiellement du désert du Sahara et véhicule des particules fines qui ne sont pas sans conséquence sur la santé de l’homme.
En effet, lors d’un épisode de brume de sable, on constate une augmentation de minéraux argileux, de carbonates, de quartz dans l’air. Le fer, le titane et le vanadium sont également des constituants des sables sahariens.

L’estimation des émissions globales de poussières varie entre 1000 et 3000 millions de tonnes par an dont la plus grande partie provient du désert du Sahara (de 500 à 1000 millions de tonnes par an).

Les productions de poussières oscillaient généralement selon la saison :

  • Janvier à Mars, l’activité augmente.
  • La production est à son plus haut niveau entre avril et juin.
  • De juin à septembre, certaines zones constituent une source de poussières alors que d’autres sont relativement inactives.
  • Octobre à Décembre, très faible production de poussières.

Quels impacts sur l’environnement?

Ces événements peuvent avoir un impact sur l’environnement. La poussière agit comme un bouclier empêchant la lumière du soleil d’atteindre la surface. Ces grandes quantités de poussières peuvent maintenir les températures de surface de la mer jusqu’à 1° de moins que la moyenne. C’est le cas également dans la région principale de développement des cyclones partant de la côte de l’Afrique vers les caraïbes. Cette réaction fournit des cyclones avec moins d’énergie pour se former et se développer. La baisse de la température est l’une des premières conséquences de la brume de sable.

La poussière modifie la formation des nuages et accélère sa production des nuages. Elle aiderait potentiellement à la formation et à l’intensification des cyclones. Elle peut aussi avoir l’effet inverse ; une formation d’ouragan quasi impossible à cause du refroidissement des températures de surface de la mer. Dans ce cas précis, il faudrait que la brume de sable agisse pour que les nuages se situent au plus bas niveau sur l’Atlantique tropical, ce qui réduira la quantité de lumière solaire atteignant la mer.

Cette brume de sable a également une influence sur la productivité marine et est facteur d’accélération de l’aridification. Sur l’activité humaine, elle provoquerait une perturbation des vols aériens et des accidents, sans compter les nombreux effets néfastes sur la santé.

Il existe très peu d’études sur l’impact environnemental que peuvent générer ces poussières, juste quelques constats. Une chose est sûre, elle peut et a déjà affecté l’activité cyclonique.

Les journées au ciel bleu sont de plus en plus rares. A ce phénomène s’ajoute la pollution automobile, la pollution liée aux sargasses. Certains médecins soulèvent la question du port du masque comme on le voit déjà en Chine. Pour les Antilles, il s’agirait de masques plus importants protégeant des micro particules. La brume de sable, ce phénomène est toujours en étude de composition chimique, ce qui devrait permettre d’étayer des études sanitaires.

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